Mardi 22 Janvier – 10h55 – Lecture critique

Mercier le roman fémininComme je le disais dans un précédent billet, j’ai très envie de me remettre aux lectures critiques sur la littérature. Bien que très souvent je trouve le style de ces ouvrages quelque peu alambiqué et comme volontairement obscur, je ressens le besoin de rafraîchir mes connaissances. Cette envie a été ravivée par un challenge et des échanges intéressants avec Anis du blog Litterama autour de la littérature féminine. Aussi, ce matin, je me suis lancée dans un ouvrage tout vieux, tout corné et tout tâché, que j’avais acquis il y a bien longtemps quand la Bibliothèque d’Études de Grenoble avait épuré son fond. Il s’agit d’un ouvrage de Michel Mercier, Le Roman féminin, paru au PUF en 1976, soit pas de première jeunesse (bien qu’un petit peu plus jeune que moi!).

J’ai lu une petit cinquantaine de pages en un peu moins d’une heure, intéressée par la réflexion de l’auteur et aussi par les nombreuses citations et références données. Mais, cette lecture ne fait que confirmer une fois de plus cette tendance à un style alambiqué. Comme si vouloir parler de littérature devait nécessairement entraîner une écriture compliquée, aux phrases coupées par des tirets et autres parenthèses sans fin, rompant à mille endroits le fil de la réflexion. Je comprends bien que lorsque l’on doit insérer titre, nom d’auteur, citation, et mise en situation de la citation, cela nécessite quelques tours de force, mais même dans des phrases où toutes ces indications ne sont pas données, l’auteur se plaît à créer des phrases qui manquent singulièrement de simplicité :

Originalement, au plus près d’une expérience, à ras de terre si l’on entend par là un contact qu’il s’agit de ne pas rompre avec le vécu, et dans la conscience qu’il est, qu’il fait problème, et que les rapports d’un être à autrui ne sont pas si simples. (p.39)

Vous conviendrez avec moi que cette « simple » phrase, prise un peu au hasard, n’est pas des plus explicites : rupture de la phrase par des virgules en veux-tu en voilà + des juxtapositions + des « et » + des « que » = arrivé à la fin de la phrase on ne sait plus ce qu’il est dit au début ! Je ne peux que conclure que le rapport au style de Mercier n’est pas si simple non plus !

Mais si l’on dépasse quelque peu ce brouillage du sens, on parvient cependant à retenir certaines réflexions, à noter plusieurs références et la lecture, si elle n’est pas évidente, reste intéressante. Je la poursuivrai donc, par intermittence et en parallèle de lectures de romans.

17 réflexions au sujet de « Mardi 22 Janvier – 10h55 – Lecture critique »

  1. mouais, la lecture de papiers de correspondants ou de communiqués de presse est déjà parfois bien difficile, ce n’est pas pour me lancer dans ce genre de livres ampulés dans mes moments de repos… je reste sur le roman ! (au passage, j’ai, en effet, oublié le début de la phrase citée, une fois que j’avais fini de la lire !)

  2. Comme Valou je reste sur les romans, j’ai eu l’overdose d’essais et d’ouvrages très sérieux pendant mes études de lettres et celui-ci ne me donne absolument pas envie de m’y replonger

  3. Je crois qu’il s’agissait là d’une période qui affectionnait ce genre d’écriture. Les écrits théoriques sont devenus nettement plus simples, parfois à l’inverse trop simples, sans quoi personne ne les lirait. Or aujourd’hui, on ne publie que ce qui est susceptible de se vendre, même si la qualité n’est pas au rendez-vous. Et je peux te dire que ce genre de texte ferait fuir les étudiants qui lisent déjà si peu les biblio données par les enseignants.

  4. Je pense que cette recherche de « l’alambiqué » n’est pas propre à la littérature. On l’observe aussi en histoire. Et j’ai été tout étonnée, il y a quelques années, de trouver Huntington plus facile à lire en VO que traduit. A tel point que je me suis demandé bien souvent s’il ne fallait pas y voir un snobisme français : un livre ne peut pas être sérieux si on arrive à comprendre ce qui y est écrit sans s’arracher les cheveux et sans tablette d’aspirine. Estellecalim semble dire qu’on est tombés de Charybde en Scylla, c’est déprimant!

  5. Oui! De la théorie! J’ai beau en lire beaucoup et souvent, je te rejoins sur le style alambiqué. Je ne compte plus le nombre de fois où je dois remonter dans ma lecture parce j’ai oublié le début du paragraphe, 10 lignes plus haut. C’est un peu déprimant.
    Par contre, je ne suis pas d’accord à propos de la simplification de la théorie, de nos jours. Je pense qu’il s’agit d’un nouveau phénomène, à savoir la vulgarisation de la critique en général (je pense à Onfray par exemple, qui choisit de faire simple pour séduire un plus large public), mais je pense que les ouvrages écrits par des universitaires et des chercheurs, dans tous les domaines, restent aussi compliqués qu’il y a 30 ans. Il n’y a qu’à feuilleter les publications des Presses Universitaires!

  6. Je dois avouer que je ne lis plus d’essais à cause de cela, j’en ai trop mangé.Je fais une indigestion ! Et si je ne supporte pas une trop grande « vulgarisation » de certaines théories, les styles abscons me laissent sceptiques également … Tu crois qu’ils ont le même cerveau que nous ces écrivains essayistes ? 🙂

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