Jeudi 26 Mai 2010 : En manque

6h58

Voilà plusieurs semaines que mon réveil sonne entre 5h et 5h30 du matin, voilà plusieurs semaines que mes journées sont rythmées au nombre des copies à corriger, à rendre, l’encre rouge se déverse … j’ai dû abréger mon temps de lecture matinale, le soir je suis trop fatiguée pour parvenir à lire plus de cinq pages… je suis en état de manque… un manque atroce, comme être enfermée dans une librairie ou un bibliothèque et être attachée à une chaise sans pouvoir faire un mouvement, sans pouvoir tendre une main vers tous ces livres exposés, un supplice ! Je me surprends à avoir des comportements étranges et irraisonnés, encore plus que d’habitude, j’achète des livres, je m’engouffre dans toutes les librairies que je croise, j’accumule parce que dans deux jours sonnent ma libération et que se profilent à l’horizon des journées de liberté. Livre et libre ont une étymologie très proche : Liber . Comme s’ils venaient d’un même mot, livre et libre sont liés.

En état de manque, l’envie se décuple, devient plus envahissante, obsédante, et plus l’envie monte, plus le sentiment de manque de temps se fait sentir. Plus que deux jours, plus qu’un paquet et demi de copies, et après je crois que je pourrais lire des heures entières, j’en rêve. Je caresse du regard mon fauteuil près de la fenêtre, je guette d’un oeil envieux l’ombre de l’arbre dans le jardin, je délaisse mon lit avec peine. Je fais des piles de livres, je trie ceux sur lesquels je vais me jeter en premier, je m’imagine tourner les pages, m’absorber dans des heures de lecture sans fin… en manque, je suis en manque…

19h25

Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh ! j’ai fini !!!!!!!! je ne réalise pas encore ! je viens de mettre la dernière note ! j’ai absolument voulu finir aujourd’hui pour être débarrassée et j’y suis arrivé ! à moi les heures de lecture !!!!!

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Mardi 17 Mai 2011 : Critique

13h00

Ce journal est une page blanche qui m’attend parfois pendant de longues semaines, mais il reste vaillant, et attend que je retrouve un peu de temps et un peu d’inspiration.

Pourtant aujourd’hui j’ai envie de prendre le temps qu’il faut parce que j’ai été terriblement choquée par ce que subit l’une d’entre nous. Je ne la nommerai pas parce que je ne sais pas si cela lui plaira que je parle d’elle ici, mais aussi parce que ce qui m’importe surtout c’est de dénoncer une pratique trop courante sur internet à laquelle, tôt ou tard, nous blogueurs, nous avons été ou seront confrontée : l’insulte sale et odieuse.

Internet a, c’est vrai, un côté un peu magique parce qu’il nous permet de découvrir et d’échanger sur des sujets, des livres, des passions, mais quand ce même outil sert des pratiques basses, quand il n’est qu’un moyen de blesser sous couvert d’anonymat, il devient abject. Et cela repose le problème, déjà posé lors de l’affaire entre un auteur et une blogueuse, cela pose le problème de la critique de roman et plus largement de la critique au sens large.

Critique vient du grec KRITOCOS signifiant « capable de discernement, de jugement ». On l’oublie trop souvent, une critique n’est pas nécessairement négative, elle exprime une opinion, un avis, une façon de percevoir, en ce qui nous concerne, un roman, une œuvre, un auteur. Selon cette acceptation du mot, selon plus simplement son étymologie, critiquer c’est émettre un avis, et notre avis sera donné avec les outils dont nous disposons et selon l’effet que le roman aura suscité en nous. Nous le disons tous et toutes régulièrement, nous ne sommes pas des critiques professionnels et nous ne nous revendiquons pas tel. Nos critiques ou avis sont bien souvent subjectifs et font simplement état de nos ressentis divers lors d’une lecture. Or ceux qui, par le biais félon de l’anonymat, se permettent des insultes visant non pas le contenu de la critique, mais notre personne procède de façon diffamante et scandaleuse. Nous n’avons pas à subir ce genre de procédé et nous devrions avoir la possibilité, je le dis très sérieusement, de porter plainte pour atteinte à l’intégrité de notre personne. Ces individus se servent bien souvent de l’anonymat voire de mails personnels car leur courage est à la mesure de leur intelligence : inexistant. Il nous faut rester vigilants, afin de préserver un droit essentiel qui est de dire, dans le respect, et de façon argumentée, ce que nous pensons d’une lecture. Tout cela semble bien sérieux pour un sujet qui devrait rester ludique. On peut effectivement supprimer facilement de notre écran les mots outrageants, mais ceux-ci, une fois lus ne restent pas moins imprimés en nous, et peuvent remettre en cause notre pratique même du blog, et donc, dans une certaine mesure, notre liberté.


Lundi 2 Mai 2011: Je prends le temps…

21h04

Ce soir, enfin je prends un peu le temps de revenir à ce journal !

Depuis plusieurs semaines, je suis un peu dépassée par les évènements, en retard sur tout : les mails, les commentaires, les billets, les challenges, les Swaps (pardon ma Lili….), mes lectures etc.etc. Et c’est dans ces moments là que l’on prend conscience du temps que peut prendre un blog. Oui, ce n’est pas un scoop, le blog est chronophage. On allume l’ordi, le temps d’aller lire deux trois billets, de rédiger un billet, de trouver des photos, de répondre aux commentaires, d’en laisser quelques uns et soudain on jette un coup d’oeil sur la petite horloge de l’ordi et là on constate, effarée, que l’on est devant l’écran depuis au moins deux heures… et que du coup, que l’on n’a pas fait la moitié des choses que l’on avait prévues. Alors quand le boulot vient s’ajouter… c’est panique à OK Corral !

Et pourtant, malgré le débordement, j’ai toujours la même envie de lire, toujours le même besoin d’écrire des billets, de lire les autres blogs, mais, il faut se rendre à l’évidence, une journée n’est pas suffisante, même en se levant tous les matins à 5h30, non, ça ne suffit pas… la seule solution : abandonner la lutte, courber l’échine… le blog devra attendre.

Et puis, un soir, soudain, parce qu’on est enfin arrivé à boucler le projet en cours, parce que finalement on est parvenu à s’en tirer pas si mal que cela, malgré le timing très court, on se retrouve devant son ordi, un petit verre de rouge à portée de main, et on se laisse aller…

Donc oui, je n’ai plus le temps de rien, mais ce soir, tant pis, je prends quelques heures (qui fileront plus vite qu’une Camaro Z28 sur la route 66….) pour écrire, un peu n’importe quoi, un peu ce qui me passe par la tête.