Mardi 18 Septembre 2012 – 13h13

Depuis vendredi, date de mon dernier billet, je n’ai pas beaucoup avancé dans ma lecture du roman d’Anne Brontë. Je me le réserve, laisse traîner ma lecture, pour mieux la savourer. Depuis vendredi j’ai lu un premier roman intéressant (L’Agenda de Caroline Duffaud), je me suis aussi amusée à répondre aux questions de Jouons avec les mots : jeux littéraires. Je papillonne donc toujours autour du roman d’Anne Brontë.

Depuis hier après-midi, j’ai enfin commencé Fille noire, fille blanche de Joyce Carol Oates, et dès l’incipit du roman j’ai été comme happée, retrouvant avec plaisir le style incomparable de Oates, sa façon de planter de le décor, de créer une ambiance pesante et mystérieuse. L’intrigue se situe au milieu des années 70, dans une université américaine, et notamment dans la résidence étudiante, Haven Hall, où Genna (la blanche) et Minette (la noire) partagent la même chambre. Dès l’ouverture du roman, qui est un récit rétrospectif, on apprend que Minette est morte à 19 ans, la lecture du roman va donc nous dire comment et pourquoi Minette a-t-elle été assassinée.

Après plusieurs lectures un peu décevantes, me voilà donc avec deux romans en cours, passionnants. Je vais essayer de finir le Oates pour samedi.

Deux marque-page font donc la course, celui qui voyage dans le roman de Oates semble se déplacer plus rapidement.

Vendredi 14 Septembre 2012 – 10h07

J’ai délaissé la salle de gym ce matin, pour me remettre sous la couette, et cela sans réellement culpabiliser, me sentant fatiguée et incapable de bouger. J’ai donc pu lire tout mon saoul et réellement m’immerger dans le roman d’Anne Brontë.

Mon marque-page a fait du 100 pages à l’heure, et les pages se sont tournées sans même que je ne m’en aperçoive. Ce roman, souvent perçu comme une œuvre féministe, a révélé, dans les pages parcourues ce matin, sa réelle ambition. Par le biais d’un journal écrit par Helen avant et pendant son mariage, Anne Brontë s’attaque aux moeurs victoriennes de son époque et notamment à la place et au rôle de la femme dans le mariage. Helen est loin d’être un être fragile, elle se révèle au contraire d’une force de caractère remarquable. C’est un personnage passionnant que l’on découvre mieux grâce à ce journal.

Jeudi 13 Septembre 2012 – 8h19

Le mot d’ordre ces derniers jours est éparpillement ou papillonnage. Depuis mardi, les lectures sont redevenues multiples. Je continues toujours celle du roman d’Anne Brontë, j’ai également commencé un recueil de nouvelles pour la Rentrée Littéraire, et hier, devant attendre mes enfants pendant leur cours de basket, j’ai choisi une lecture facile, car le contexte bruyant me l’imposait, et j’ai donc commencé Les Lumières du théâtre d’Anne-Marie Desplat-Duc.

Par là même, tout est commencé et rien n’est terminé.

Ce matin, j’ai continué ma lecture du livre sur le théâtre des Lumières, et je pense le finir aujourd’hui. Concernant les nouvelles de l’auteur canadien, Michael Christie, je pense lire une nouvelle un peu tous les jours, et poursuivre en parallèle la lecture du roman d’Anne. Mais il me reste toujours à commencer Fille Noire, Fille Blanche de Joyce Carol Oates. Donc, je papillonne, mue par une envie de lire, d’aller vite, d’avancer pour lire toujours plus.

Sur ma table de nuit, j’ai empilé les livres que je souhaite lire ce mois-ci. J’ai toujours l’ambition de lire deux romans de ma PAL Noire dans le mois, j’en ai déjà lu un avant le 15 du mois, le roman d’Anne sera le second. Comme je l’avais expliqué dans un précédent billet, j’ai divisé le mois en deux, j’ai déjà lu le roman de la première quinzaine (non encore achevée), ce qui me laisse donc du temps pour finir La Recluse. Quand j’aurais fini les trois en cours, il m’en restera 4 ou 5 pour la fin du mois, ce qui me paraît jouable, car certains sont très courts.

D’autres part, effet de la Rentrée Littéraire oblige, j’attends plusieurs livres de différentes maisons d’édition : 2 chez le Cherche Midi, 2 chez Belfond, 3 grâce aux Matchs lancés par Priceminister, plus quelques envoies de maisons d’édition plus confidentielles. J’ai également reçu le dernier Harlan Coben chez Fleuve Noir, ainsi qu’un premier roman très prometteur (L’agenda de Caroline Duffaud), sans oublier un roman jeunesse chez Casterman (Arsène de Juliette Arnaud), et un magnifique album dont je parlerai prochainement (oui, les albums ont l’avantage de se lire vite). Moi, qui espérais ne pas me laisser déborder, j’ai bien peur que je me sois un peu trop laissé aller, mais j’ai toujours un mal fou à résister à des livres dont le sujet me paraît intéressant et novateur. L’enjeu va donc être de lire ceux que j’ai déjà reçu avant la réception des nouveaux. Me voilà donc avec un agenda de ministre, mais au lieu de me saper le moral, cette perceptive m’enthousiasme.

Lundi 10 Septembre 2012 – 18h46

Depuis ce week-end, je suis donc plongée dans le roman d’Anne Brontë, La Recluse de Wildfell Hall. Très vite l’histoire m’a saisie, les personnages, le mystère ambiant autour de Helen Graham, tout est fait pour me plaire, jusqu’au style, et je me sens renaître, je renoue avec de vraies joies de lectrice, comme au temps où j’enchaînais les romans de Wilkie Collins.

Je n’ai cependant pas tellement avancé, car j’ai consacré mon dimanche à un autre livre que je souhaitais lire depuis que je l’ai découvert cet été.

Mon marque-page avance donc doucement, d’autant que je n’ai pas utilisé mon heure supplémentaire du matin aujourd’hui, l’ayant consacrée à l’écriture d’un billet sur le blog de lecture. A peine donc une centaine de pages tournées, mais l’envie de lire décuplée.

Dimanche après-midi donc, je me suis réfugiée dans ma chambre pour enfin ouvrir et finalement lire dans son intégralité un ouvrage très illustré sur Marilyn Monroe. En un peu plus de 250 pages, ce livre propose une biographie rapide, allant à l’essentiel, de l’actrice. J’en parlerai plus longuement sur mon blog demain :

Ma décision de lire le roman d’Anne Brontë risque cependant d’être contrecarrée par une lecture commune prévue entre Lili Galipette, Miss Bouquinaix et moi pour le 21. Pour ce mois-ci nous avions choisi Fille Noire, Fille Blanche de Joyce Carol Oates. Ce roman est dans ma PAL depuis longtemps, mais ne fait pas partie de ma PAL Noire. J’avoue que je n’ai pas bien envie d’abandonner Helen et Gilbert, il est donc fort probable que je mène ces deux lectures en parallèle, l’une le matin, l’autre le soir et éventuellement l’après-midi selon ma disponibilité.

Dimanche 9 Septembre 2012 – 8h58

Hier soir, j’ai donc commencé ma lecture de La Dame du manoir de Wildfell Hall d’Anne Brontë (Editions Archipoche). Comme je le signalais dans mon billet d’hier, je possède ce roman depuis plus de trois ans dans une autre édition (Phébus), au titre différent : La Recluse de Wildfell Hall. J’avais déjà parlé en son temps de ces changements de titres selon les éditions. Le tire original du roman est : The Tenant of Wildfell Hall. Or « the tenant » signifie exactement « la locataire ».

En commençant la lecture du roman dans l’édition poche, j’ai été un peu surprise de l’entrée en matière : « Remontons, si tu le veux bien, à l’automne 1827. » (p.15), et la fin du chapitre m’a laissé penser qu’il y avait un petit souci : « Ton fidèle Gilbert Markham ». Il s’agissait donc d’une lettre dont, visiblement il manquait le début. Je suis donc allé déterrer mon exemplaire Phébus, et j’ai beaucoup mieux compris.

En effet dans l’édition Phébus, non seulement figure une préface écrite par Anne Brontë, sous son pseudonyme Acton Bell, et datant du 22 juillet 1848, mais on peut y lire également le début de la lettre qui explique la confession de Gilbert à son ami J. Halford. Il semblerait donc que les deux éditions ne s’appuient pas sur le même texte originel.

Poursuivant mes recherches, et cherchant à comprendre cette différence, j’ai lu la note de l’éditeur chez Phébus. Et voilà ce que j’ai lu :

En 1854 paraît chez Thomas Hogson une nouvelle édition bon marché de La Recluse, version malheureusement lourdement expurgée – et expurgée bien sûr de ses éléments les plus scandaleux. Il n’existe plus aucune trace du manuscrit original d’Anne Brontë, et c’est cette édition qui deviendra, jusqu’à une date récente, la base de toutes les éditions anglaises, et partant, des traductions.

La version que nous vous présentons ici, publiée en France en 1947 sous le titre La Recluse de Haworth, a donc été complètès des éléments manquants à partir de la version « originale » de 1848. [pp.7/8]

Au contraire, dans l’édition Archipoche, aucune indication sur le choix du texte de base, mais tout laisse penser que l’éditeur se soit appuyé sur la réédition de 1854, et non sur celle de 1848. A cette découverte, j’ai donc décidé de me fier à l’édition Phébus, que je trouve donc plus fidèle au texte de l’auteur. J’ai également été décidée par une mise en comparaison des traductions, comparaison qui m’a permis de voir les différences, certes minimes mais…

Cette petite mésaventure reste cependant intéressante, car elle prouve à quel point un éditeur d’œuvres en langue étrangère (donc nécessitant une traduction) et anciennes doit veiller à choisir une version la plus proche possible de l’originale, et doit aussi se méfier des remaniements qui ont pu peser sur cette version à une époque où certains sujets étaient quelque peu shocking et revue pour la bienséance.

Il est effectivement tout à fait louable aux éditions Archipoche de rendre accessible dans ce format, des romans qui sont souvent difficiles à trouver, mais c’est quand même bien dommage de ne pas respecter davantage le texte de l’auteur.

Samedi 8 Septembre 2012 – 18h58

Je suis dans une phase de lecture bof-bof et il faut que ça cesse. Les livres se succèdent mais ils ne me font aucun effet. Durant ma lecture je soupire sans cesse, je m’énerve, je me sens comme une personne affamée incapable de satisfaire sa faim. J’ai envie d’une lecture qui me donne envie, qui m’emporte, qui m’enthousiasme, sur laquelle j’aurais des tonnes de choses à dire, à disséquer, je suis en manque de densité, de profondeur, de réflexion.

Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel m’a laissé de marbre. Ce journal intime est d’une platitude désespérante. J’ai vraiment du mal, je crois avec le style de mes contemporains. Quand tout est dit dans une phrase, quand il n’y a rien à creuser, rien à se mettre sous la dent, rien qui m’entraine à la réflexion, je me dis à quoi bon avoir écrit cela ? Je sais que j’ai une certaine exigence, que j’en attends sans doute trop, mais quand même, à ce point. Quand je suis si déçue par un livre, j’essaie de lire les avis des autres, mais je n’arrive pas à être d’accord avec eux. On pourra dire que je me braque, on n’aura pas forcément tort.

Alors la seule solution est de trancher dans le vif, de revenir à du lourd, du sûr, du qui ne déçoit pas, ou pas pour les mêmes raisons. J’ai pris la décision d’insérer un nouveau roman de ma PAL Noire :

Pour tout dire, je possédais déjà ce roman depuis longtemps (dans une autre collection et avec un autre titre : La Recluse de Wildfell Hall), mais la sortie récente en poche a ravivé ma curiosité, et j’avoue aussi que le format y est pour quelque chose. Plus futilement, je trouve la couverture magnifique. Mais c’est important une couverture de livre, ce sont déjà les prémices de l’ambiance du roman, un appel. Et cette femme sublime ainsi peinte m’intrigue.

Oui, revenir à Anne Brontë, c’est revenir à mes premiers frissons littéraires, c’est revenir du côté des Hurle-vent, du côté du château de Thornfield dans Jane Eyre, c’est espérer.

Je vais le commencer, là, ce soir.