Dimanche 7 Octobre 2012 – 18h03

Un petit billet réflexion aujourd’hui.

Suite à la lecture d’un billet chez Saxaoul qui regrettait que certains billets de blog en disaient trop sur les romans et donc dévoilaient des faits qu’il aurait fallu tenir secrets pour que le roman garde un certain mystère pour les futurs lecteurs, je me suis interrogée sur ma façon de faire mes billets. Je suis comme tout le monde, je n’aime pas que l’on me raconte le livre avant que je ne le lise. J’ai envie d’en savoir suffisamment pour qu’il me fasse envie, mais pas trop pour me laisser le plaisir de la découverte. Ce point de vue est celui de la lectrice de blog.

Mais mon avis de blogueuse est un peu différent. Tout dépend en fait de ce que l’on veut faire de son blog. Au-delà de présenter les livres que je lis, ce que j’aime faire dans mes billets c’est analyser le roman. Chercher les thèmes importants, trouver une symbolique, en sonder la profondeur. Alors parfois il m’arrive d’en dire peut-être un peu trop. Certains blogueurs annoncent la couleur par un gros spoiler qui clignote et prévient ainsi que ce qui va suivre va révéler quelques éléments de l’intrigue. Quand le roman est basé sur une intrigue policière ou d’aventure, il est évident que c’est très gênant pour le lecteur de connaître à l’avance un rebondissement minutieusement concocté par l’auteur (c’est notamment le cas pour Du bout des doigts que je suis en train de lire)

Cette question va aussi plus loin puisqu’il met en rapport : la volonté de parler d’un livre pour telle ou telle raison, donner son avis sur le livre dans son intégralité, et le souhait de donner envie aux autres de le lire. Et cette question frôle du même coup une autre problématique : nos blogs sont-ils avant tout des avis de lecture à but non lucratif (si je puis dire) ou se rapprochent-ils dans leur fond des critiques professionnelles dont le but est plus « mercantile », ou si l’on veut, est de faire lire le livre et donc accessoirement, pour les critiques, de faire acheter le livre ? Bien sûr, le blogueur ne gagne rien à faire lire un livre, sauf évidemment le plaisir d’avoir donné à d’autres l’envie de le lire à leur tour. Il n’a donc pas les contraintes du critique pro. Mais le risque est aussi de faire un simple descriptif avec un avis assez généralisant. Le tout est donc de trouver la juste mesure, ce qui, je le reconnais volontiers, n’est pas le plus facile, et objectif que je tente toujours d’atteindre.

Je n’ai donc pas vraiment la solution, car à chaque nouveau billet la question se pose : qu’en dire sans trop en dire ? Comment parler de tel ressenti, sans dévoiler plus qu’il n’en faut ?

Je sais que certains blogs optent délibérément pour parler du livre dans son intégralité en faisant fi des futurs lecteurs, mais la majorité des blogs optent pour cette entre-deux si difficile à atteindre. Car, je le reconnais, il m’est parfois arrivé de ne pas parler d’un élément du livre parce que cela aurait entraîné de dévoiler une partie de l’intrigue. Reste à savoir comment je m’arrange avec cela. Il m’arrive souvent, dans ce cas, de le regretter, mais je me dis qu’il serait dommage pour les lecteurs d’être au courant de tel fait avant de lire le roman. Et puis il y a certains romans pour lesquels si je ne parle pas de tel fait, je n’aurais rien à dire du livre, donc je lève le voile un peu plus haut. Et là ce sont les lecteurs du blog qui peuvent le regretter.

Je suis donc face à un réel dilemme.

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